Dès 94, il se remet à écrire des chansons et enregistre cette fois, chez lui. L'album "A la Belle de mai", du nom d'un très ancien quartier marseillais est un hommage poétique à la cité phocéenne. Renaud privilégie les coups de coeur plutôt que les coups de sang : il chante son admiration pour Ernesto Che Guevarra, Zapata ou Pancho Villa. Il évoque toujours l'enfance avec beaucoup de tendresse : "C'est quand qu'on va où ?" ou "Le Sirop de la rue". Environ 500.000 exemplaires sont vendus. Même si le chanteur vend moins qu'auparavant, il reste une valeur sûre de la chanson française. En mai 95, Renaud s'installe tout le mois de mai à la Mutualité.
Imprégné de l'oeuvre de Georges Brassens dés son plus jeune âge, il décide, la quarantaine passée, d'enregistrer vingt trois chansons de l'artiste disparu. "Je suis un voyou" ou "Le Gorille" sont entre autres, les chansons que Renaud souhaite faire connaître aux plus jeunes.
Imprégné de l'oeuvre de Georges Brassens dés son plus jeune âge, il décide, la quarantaine passée, d'enregistrer vingt trois chansons de l'artiste disparu. "Je suis un voyou" ou "Le Gorille" sont entre autres, les chansons que Renaud souhaite faire connaître aux plus jeunes.
A LA BELLE DE MAI
Quand il est arrivé
A la Belle de Mai
Y connaissait dégun
Le parisien,
Qu'es aco ce fadòli
Avéses yeux de gòbi ?
A dit tout le quartier
Qui l'espinchait
Y fait le fier ce pébronnasse !
Oh, Bonne Mère, qué counas !
L'est pas de la Marsiale
C'est un con à la voile
On va lui esquicher
Le bout du nez
Premier jour au bistrot
L'a payé l'apéro
A tous ces enfévés
Pas rancunier !
Y se sont empégués
Jusqu'à la nuit tombée
A la santé peuchère
De l'estranger
Y fait le fier parc'qu'il est riche
Oh, Bonne Mère, qué stoquefiche!
C'est un vrai rompe-figue
Dis, il est de Martigues ?
Qu'est-c'qu'on peut s'en séguer
De ses lovés !
Le lendemain le cacou
Se promenait partout
Avè sa fiancée
Comme un trophée
C'était un belle nine
Au long cou de galine
L'avait dû la furer
Au poulailler
Y fait le fier le parigot !
Oh, Bonne mère, qué cafalo !
Vé, elle a le cul presque
Comme la porte d'aix !
Va caguer à Endoume,
Oh, fangoule !
Un jour, à des nistons
Qui jouaient au ballon
Il dit : "Oh, les minots !
Y a du boulot !
pour remporter le match
Faut se lever le maffre,
Et allez ! Bouleguez
Les bras-cassés ! "
Y fait le fier, fatche de con !
Mets-y peuchère un pastisson !
Et qu'il aille au Vieux Port
Faire ses estrambords
Peut même s'y néguer
L'estranger !
La caraque était née
Avé la crépine
Son équipe a brillé
A été digne !
Avé le cul, ma foi,
Un peu bordé déanchois
L'a fait des Phocéens
Européens
Y fait le fier et y parade
La Cannebière elle le bade !
Mais il nous casse aussi
Un peu les alibòfi
Car si on a la Coupe,
Il l'a aussi !
Après cette aventure
L'est devenu madur
L'a voulu remplacé
Le député !
Il est bon, ce jobastre,
Pour le 54 !
Y va se retrouver
A Montfavet !
Y fait le fier et y voudrait
Oh, Bonne Mère, nous escaner !
R'tourne à la capitale
Ou bien au pégal !
Ou au PSG
Chez les papés !
A la belle de Mai,
Aux Goudes et au Panier,
Il a salut dégun
Le Parisien
Quand il est remonté
Dedans son TGV
Avé sa fiancée
Et ses lovés !
Y fait le fier, ce pebronnasse !
Oh, Bonne Mère, c'est une estrasse !
Méfi ! Les trains s'arrêtent
Quelques fois aux Baumettes
Aprés un pénéquet
A l'Evêché !
Ecoute ma quique belle,
Cette histoire c'est celle
D'un fada, d'une brêle,
D'une bordille
Qui savait pas qu'ici
On aime les bandits,
Qu'on donne l'amitié
Aux estrangers
Mais si y sont fiers comme le pape
Oh, Bonne Mère, allez, escape !
Fais du bien à Bertrand
Il te le rend en caguant !
Donne lui le ballon
De nos nistons,
Dès qu'il sera champion
Il voudra, ce pébron,
Remplacer le Gaston !
Ça pas question, fatche de con !!!
Quand il est arrivé
A la Belle de Mai
Y connaissait dégun
Le parisien,
Qu'es aco ce fadòli
Avéses yeux de gòbi ?
A dit tout le quartier
Qui l'espinchait
Y fait le fier ce pébronnasse !
Oh, Bonne Mère, qué counas !
L'est pas de la Marsiale
C'est un con à la voile
On va lui esquicher
Le bout du nez
Premier jour au bistrot
L'a payé l'apéro
A tous ces enfévés
Pas rancunier !
Y se sont empégués
Jusqu'à la nuit tombée
A la santé peuchère
De l'estranger
Y fait le fier parc'qu'il est riche
Oh, Bonne Mère, qué stoquefiche!
C'est un vrai rompe-figue
Dis, il est de Martigues ?
Qu'est-c'qu'on peut s'en séguer
De ses lovés !
Le lendemain le cacou
Se promenait partout
Avè sa fiancée
Comme un trophée
C'était un belle nine
Au long cou de galine
L'avait dû la furer
Au poulailler
Y fait le fier le parigot !
Oh, Bonne mère, qué cafalo !
Vé, elle a le cul presque
Comme la porte d'aix !
Va caguer à Endoume,
Oh, fangoule !
Un jour, à des nistons
Qui jouaient au ballon
Il dit : "Oh, les minots !
Y a du boulot !
pour remporter le match
Faut se lever le maffre,
Et allez ! Bouleguez
Les bras-cassés ! "
Y fait le fier, fatche de con !
Mets-y peuchère un pastisson !
Et qu'il aille au Vieux Port
Faire ses estrambords
Peut même s'y néguer
L'estranger !
La caraque était née
Avé la crépine
Son équipe a brillé
A été digne !
Avé le cul, ma foi,
Un peu bordé déanchois
L'a fait des Phocéens
Européens
Y fait le fier et y parade
La Cannebière elle le bade !
Mais il nous casse aussi
Un peu les alibòfi
Car si on a la Coupe,
Il l'a aussi !
Après cette aventure
L'est devenu madur
L'a voulu remplacé
Le député !
Il est bon, ce jobastre,
Pour le 54 !
Y va se retrouver
A Montfavet !
Y fait le fier et y voudrait
Oh, Bonne Mère, nous escaner !
R'tourne à la capitale
Ou bien au pégal !
Ou au PSG
Chez les papés !
A la belle de Mai,
Aux Goudes et au Panier,
Il a salut dégun
Le Parisien
Quand il est remonté
Dedans son TGV
Avé sa fiancée
Et ses lovés !
Y fait le fier, ce pebronnasse !
Oh, Bonne Mère, c'est une estrasse !
Méfi ! Les trains s'arrêtent
Quelques fois aux Baumettes
Aprés un pénéquet
A l'Evêché !
Ecoute ma quique belle,
Cette histoire c'est celle
D'un fada, d'une brêle,
D'une bordille
Qui savait pas qu'ici
On aime les bandits,
Qu'on donne l'amitié
Aux estrangers
Mais si y sont fiers comme le pape
Oh, Bonne Mère, allez, escape !
Fais du bien à Bertrand
Il te le rend en caguant !
Donne lui le ballon
De nos nistons,
Dès qu'il sera champion
Il voudra, ce pébron,
Remplacer le Gaston !
Ça pas question, fatche de con !!!
C'EST QUAND QU'ON VA OU?
Je m'suis chopé 500 lignes :
"Je n'dois pas parler en classe"
Ras l'bol de la discipline !
Y'en a marre c'est digoulasse !
C'est même pas moi qui parlais,
Moi j'répondais à Arthur
Qui m'demandait, en anglais,
Comment s'écrit No Future
Si on est punis pour ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
C'est quand même un peu galère
D'aller chaque jour au chagrin
Quand t'as tell'ment d'gens sur Terre
Qui vont pointer chez "fous-rien"
'vec les d'voirs à la maison
J'fais ma s'maine de soixante heures,
Non seul'ment pour pas un rond
Mais en plus pour finir chômeur!
Veulent me gaver comme une oie
'vec des matières indigestes,
J'aurais oublié tout ça
Quand j'aurai appris tout l'reste,
Soulève un peu mon cartable,
L'est lourd comme un cheval mort,
Dix kilos d'indispensable
Théorèmes de Pythagore !
Si j'dois avaler tout ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
L'essentiel à nous apprendre
C'est l'amour des livres qui fait
Qu'tu peux voyager d'ta chambre
Autour de l'humanité,
C'est l'amour de ton prochain,
Même si c'est un beau salaud,
La haine ça n'apporte rien,
Pis elle viendra bien assez tôt
Si on nous apprend pas ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Quand j's'rais grande j'veux être heureuse,
Savoir dessiner un peu,
Savoir m'servir d'une perceuse,
Savoir allumer un feu,
Jouer peut-être du violoncelle,
Avoir une belle écriture,
Pour écrire des mots rebelles
A faire tomber tous les murs !
Si l'école permet pas ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Tu dis que si les élections
Ça changeait vraiment la vie,
Y a un bout d'temps, mon colon,
Qu'voter ça s'rait interdit !
Ben si l'école ça rendait
Les hommes libres et égaux,
L'gouvernement décid'rait
Qu'c'est pas bon pour les marmots!
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit :"Halte à tout"
Et maint'nant, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit :"Halte à tout"
Et maint'nant, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Je m'suis chopé 500 lignes :
"Je n'dois pas parler en classe"
Ras l'bol de la discipline !
Y'en a marre c'est digoulasse !
C'est même pas moi qui parlais,
Moi j'répondais à Arthur
Qui m'demandait, en anglais,
Comment s'écrit No Future
Si on est punis pour ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
C'est quand même un peu galère
D'aller chaque jour au chagrin
Quand t'as tell'ment d'gens sur Terre
Qui vont pointer chez "fous-rien"
'vec les d'voirs à la maison
J'fais ma s'maine de soixante heures,
Non seul'ment pour pas un rond
Mais en plus pour finir chômeur!
Veulent me gaver comme une oie
'vec des matières indigestes,
J'aurais oublié tout ça
Quand j'aurai appris tout l'reste,
Soulève un peu mon cartable,
L'est lourd comme un cheval mort,
Dix kilos d'indispensable
Théorèmes de Pythagore !
Si j'dois avaler tout ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
L'essentiel à nous apprendre
C'est l'amour des livres qui fait
Qu'tu peux voyager d'ta chambre
Autour de l'humanité,
C'est l'amour de ton prochain,
Même si c'est un beau salaud,
La haine ça n'apporte rien,
Pis elle viendra bien assez tôt
Si on nous apprend pas ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Quand j's'rais grande j'veux être heureuse,
Savoir dessiner un peu,
Savoir m'servir d'une perceuse,
Savoir allumer un feu,
Jouer peut-être du violoncelle,
Avoir une belle écriture,
Pour écrire des mots rebelles
A faire tomber tous les murs !
Si l'école permet pas ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Tu dis que si les élections
Ça changeait vraiment la vie,
Y a un bout d'temps, mon colon,
Qu'voter ça s'rait interdit !
Ben si l'école ça rendait
Les hommes libres et égaux,
L'gouvernement décid'rait
Qu'c'est pas bon pour les marmots!
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit :"Halte à tout"
Et maint'nant, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit :"Halte à tout"
Et maint'nant, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
LE SIROP DE LA RUE
La boule à zéro
Et la morve au nez
On n'était pas beau
Mais on s'en foutait
Le mercurochrome
Sur nos genoux pointus
C'était nos diplômes
D'l'école de la rue
Le seul vrai enfer
Qu'on avait sur terre
Il était dans l'ciel
De nos pauvres marelles
On avait dix ans
Pis on ignorait
Qu'un jour on s'rait grands
Pis qu'on mourirait
L'eau des caniveaux
Nous f'sait des rivières
Où tous nos bateaux
Naviguaient pépère
Aujourd'hui les moineaux
Evitez d'tomber
Le nez dans l'ruisseau
La gueule sur l'pavé
A moins d'pas trop craindre
Les capotes usées
Et les vieilles seringues
Et les rats crevés
L'été sur les plages
C'tait l'débarquement
J'tais les GI's
T'étais les Allemands
Pistolet à flèches
Carabine en bois
Et ma canne à pêche
C'tait un bazooka
Dans les vieux blockhaus
On f'sait notre Q.G.
C'était bien craignoss'
Qu'est-c'que ça chlinguait
Les filles v'naient jamais
Parc'qu'elles craignaient qu'on
Veuille les tripoter
Elles avaient raison
Quand tu ramassais
Un gros coquillage
Eh ben t'entendais
La mer, l'vent du large
Aujourd'hui t'as qu'une
Symphonie d'4x4
Qui vont dans les dunes
Comme a Ouarzazate
Le son des tocards
Réchappés hélas
Du Paris-Dakar
Du rallye d'l'Atlas
On était inscrits
Pour tout l'moi d'juillet
A des cours de gym
Et au club Mickey
En c'temps là Disney
Faisait pas les poches
Ni les porte-monnaie
A des millions d'mioches
C'était l'Figaro
Qui organisaient
L'concours de châteaux
De sable que j'gagnais
Aujourd'hui c'journal
Est l'ami des enfants
Au Front National
Et au Vatican
Quand t'allais t'baquer
Tu t'buvais peinard
Un tasse d'eau salée
Pas une marée noire
Creusant l'sable blond
Tu ram'nais des coques
Pas des champignons
Ni des gonocoques
Dans les bouteilles vides
Y avait de messages
Pas des pesticides
D'un dernier naufrage
L'jour où j'mourirais
Puisque c'est écrit
Qu'après l'enfance c'est
Quasiment fini
Devant l'autr'charlot
J'espère arriver
La boule à zéro
Et la morve au nez
Du mercurochrome
Sur mes genoux pointus
Qu'y connaisse l'arôme
Du sirop d'la rue
Lui qu'a eu tant d'mômes
Et qui les a perdus
La boule à zéro
Et la morve au nez
On n'était pas beau
Mais on s'en foutait
Le mercurochrome
Sur nos genoux pointus
C'était nos diplômes
D'l'école de la rue
Le seul vrai enfer
Qu'on avait sur terre
Il était dans l'ciel
De nos pauvres marelles
On avait dix ans
Pis on ignorait
Qu'un jour on s'rait grands
Pis qu'on mourirait
L'eau des caniveaux
Nous f'sait des rivières
Où tous nos bateaux
Naviguaient pépère
Aujourd'hui les moineaux
Evitez d'tomber
Le nez dans l'ruisseau
La gueule sur l'pavé
A moins d'pas trop craindre
Les capotes usées
Et les vieilles seringues
Et les rats crevés
L'été sur les plages
C'tait l'débarquement
J'tais les GI's
T'étais les Allemands
Pistolet à flèches
Carabine en bois
Et ma canne à pêche
C'tait un bazooka
Dans les vieux blockhaus
On f'sait notre Q.G.
C'était bien craignoss'
Qu'est-c'que ça chlinguait
Les filles v'naient jamais
Parc'qu'elles craignaient qu'on
Veuille les tripoter
Elles avaient raison
Quand tu ramassais
Un gros coquillage
Eh ben t'entendais
La mer, l'vent du large
Aujourd'hui t'as qu'une
Symphonie d'4x4
Qui vont dans les dunes
Comme a Ouarzazate
Le son des tocards
Réchappés hélas
Du Paris-Dakar
Du rallye d'l'Atlas
On était inscrits
Pour tout l'moi d'juillet
A des cours de gym
Et au club Mickey
En c'temps là Disney
Faisait pas les poches
Ni les porte-monnaie
A des millions d'mioches
C'était l'Figaro
Qui organisaient
L'concours de châteaux
De sable que j'gagnais
Aujourd'hui c'journal
Est l'ami des enfants
Au Front National
Et au Vatican
Quand t'allais t'baquer
Tu t'buvais peinard
Un tasse d'eau salée
Pas une marée noire
Creusant l'sable blond
Tu ram'nais des coques
Pas des champignons
Ni des gonocoques
Dans les bouteilles vides
Y avait de messages
Pas des pesticides
D'un dernier naufrage
L'jour où j'mourirais
Puisque c'est écrit
Qu'après l'enfance c'est
Quasiment fini
Devant l'autr'charlot
J'espère arriver
La boule à zéro
Et la morve au nez
Du mercurochrome
Sur mes genoux pointus
Qu'y connaisse l'arôme
Du sirop d'la rue
Lui qu'a eu tant d'mômes
Et qui les a perdus
JE SUIS UN VOYOU
Ci-gît au fond de mon c½ur une histoire ancienne
Un fantôme, un souvenir d'une que j'aimais
Le temps, à grands coups de faux, peut faire des siennes
Mon bel amour dure encore, et c'est à jamais
J'ai perdu la tramontane
En trouvant Margot
Princesse vêtue de laine
Déesse en sabots
Si les fleurs, le long des routes
S'mettaient à marcher
C'est à la Margot, sans doute
Qu'ell's feraient songer
J'lui ai dit: "De la Madone
Tu es le portrait !"
Le Bon Dieu me le pardonne
C'était un peu vrai
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
La mignonne allait aux vêpres
Se mettre à genoux
Alors j'ai mordu ses lèvres
Pour savoir leur goût
Ell' m'a dit, d'un ton sévère
"Qu'est-ce que tu fais là ?"
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
J'lui ai dit: " Par la Madone
Reste auprès de moi ! "
Le Bon Dieu me le pardonne
Mais chacun pour soi
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
C'était une fille sage
A " bouch', que veux-tu ?"
J'ai croqué dans son corsage
Les fruits défendus
Ell' m'a dit d'un ton sévère
" Qu'est-ce que tu fais là ? "
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
Puis, j'ai déchiré sa robe
Sans l'avoir voulu
Le Bon Dieu me le pardonne
Je n'y tenais plus !
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
J'ai perdu la tramontane
En perdant Margot
Qui épousa, contre son âme
Un triste bigot
Elle doit avoir à l'heure
A l'heure qu'il est
Deux ou trois marmots qui pleurent
Pour avoir leur lait
Et, moi, j'ai tété leur mère
Longtemps avant eux
Le Bon Dieu me le pardonne
J'étais amoureux !
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
Ci-gît au fond de mon c½ur une histoire ancienne
Un fantôme, un souvenir d'une que j'aimais
Le temps, à grands coups de faux, peut faire des siennes
Mon bel amour dure encore, et c'est à jamais
J'ai perdu la tramontane
En trouvant Margot
Princesse vêtue de laine
Déesse en sabots
Si les fleurs, le long des routes
S'mettaient à marcher
C'est à la Margot, sans doute
Qu'ell's feraient songer
J'lui ai dit: "De la Madone
Tu es le portrait !"
Le Bon Dieu me le pardonne
C'était un peu vrai
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
La mignonne allait aux vêpres
Se mettre à genoux
Alors j'ai mordu ses lèvres
Pour savoir leur goût
Ell' m'a dit, d'un ton sévère
"Qu'est-ce que tu fais là ?"
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
J'lui ai dit: " Par la Madone
Reste auprès de moi ! "
Le Bon Dieu me le pardonne
Mais chacun pour soi
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
C'était une fille sage
A " bouch', que veux-tu ?"
J'ai croqué dans son corsage
Les fruits défendus
Ell' m'a dit d'un ton sévère
" Qu'est-ce que tu fais là ? "
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
Puis, j'ai déchiré sa robe
Sans l'avoir voulu
Le Bon Dieu me le pardonne
Je n'y tenais plus !
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
J'ai perdu la tramontane
En perdant Margot
Qui épousa, contre son âme
Un triste bigot
Elle doit avoir à l'heure
A l'heure qu'il est
Deux ou trois marmots qui pleurent
Pour avoir leur lait
Et, moi, j'ai tété leur mère
Longtemps avant eux
Le Bon Dieu me le pardonne
J'étais amoureux !
Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou
LE GORILLE
C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on ;
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que rigoureusement ma mère
M'a défendu d'nommer ici.
Gare au gorille !
Tout à coup, la prison bien close,
Où vivait le bel animal,
S'ouvre on n'sait pourquoi (je suppose
Qu'on avait dû la fermer mal) ;
Le singe, en sortant de sa cage,
Dit : " C'est aujourd'hui que j'le perds ! "
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !
L'patron de la ménagerie
Criait éperdu : " Nom de nom !
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon ! "
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau
Au lieu de profiter d'la chance
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille
Celles-là même qui naguère
Le couvaient d'un ½il décidé
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées ;
D'autant plus vaine était leur crainte
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !
Gare au gorille !
Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vieille décrépite
Et un jeune juge en bois brut.
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !
" Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on pût encore me désirer
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré ! "
Le juge pensait, impassible
" Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible... "
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !
Supposez qu'un de vous puisse être
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatre jours m'échoie
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui fera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !
Mais par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille
Comme aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille
La suite serait délectable,
Malheureusement je ne peux
Pas la dire et c'est regrettable,
Ca nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : " Maman ! ", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel le jour même
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !
C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on ;
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que rigoureusement ma mère
M'a défendu d'nommer ici.
Gare au gorille !
Tout à coup, la prison bien close,
Où vivait le bel animal,
S'ouvre on n'sait pourquoi (je suppose
Qu'on avait dû la fermer mal) ;
Le singe, en sortant de sa cage,
Dit : " C'est aujourd'hui que j'le perds ! "
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !
L'patron de la ménagerie
Criait éperdu : " Nom de nom !
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon ! "
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau
Au lieu de profiter d'la chance
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille
Celles-là même qui naguère
Le couvaient d'un ½il décidé
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées ;
D'autant plus vaine était leur crainte
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !
Gare au gorille !
Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vieille décrépite
Et un jeune juge en bois brut.
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !
" Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on pût encore me désirer
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré ! "
Le juge pensait, impassible
" Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible... "
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !
Supposez qu'un de vous puisse être
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatre jours m'échoie
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui fera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !
Mais par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille
Comme aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille
La suite serait délectable,
Malheureusement je ne peux
Pas la dire et c'est regrettable,
Ca nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : " Maman ! ", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel le jour même
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !
