Biographie illustrée...

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Atteignant la trentaine, le chanteur prend quand même un peu de recul par rapport à ses révoltes du début, et s'attache plus à dépeindre ce qu'il voit ou ce qu'il imagine de la vie de certains. Avec l'album qui sort en 81 "Le retour de Gérard Lambert", il dénonce tour à tour la drogue "La Blanche", la bêtise humaine "Mon beauf'" et rend hommage avec tendresse à son grand-père "Oscar", mineur de fond.


LE RETOUR DE GERARD LAMBERT

Pas d'probléme la banlieue peut s'endormir tranquille
Y s'passera pas grand chose dans ses ruelles noires
Ce soir le fils maudit des grandes cités dortoirs
Est parti pour Paris dans sa Simca 1000

Y va y avoir du sang sur les murs de la ville
Alors cessez de rire charmante Elvire
Y a un espèce de chien un vieux loup solitaire
Qui s'dirige vers Paris son nom : Gérard Lambert

Lambert c'est un héros alors y peut pas mourir
Avec lui c'est l'retour de la grande aventure
Celle qui fait hurler celle qui fait frémir
Dans la nuit dans le vent et dans la froidure

Il est tranquille peinard au volant d'sa bagnole
Y s'écoute Capdevielle sur son autoradio
Musicalement il adore surtout les paroles
Quoique des fois y trouve qu'c'est pas assez intello

A travers l'essuie-glace y'en a qu'un qui fonctionne
Y' voit la pluie qui tombe sur le périphérique
L'a raté la sortie le v'là dans l'bois d'Boulogne
L'est complètement paumé dans ce lieu maléfique

Commence à paniquer et surtout y s'énerve
Il avait un rencart à Paris avec une meuf'
S'il arriv à la bourre il a perdu l'affaire
Y manquerait plus qu'y s'fasse arrêter par les keuf's

Ça fait maintenant une plombe qu'il se perd dans la nuit
Voilà l'brouillard qui tombe c'est normal c'est l'hiver
Pour l'ambiance d'la chanson faut des intempéries
Faut un climat sordide comme dans les films de guerre

Dans la lueur de ses phares tout à coup soudainement
Voit passer une silhouette sur le bord de la route
Enfin un être humain se dit-il en lui même
Je vais d'mander mon ch'min à cette âme en déroute

L'arrête sa Simca 1000 auprès d'un arbre en bois
Et à pieds dans la nuit sous la pluie qui ne cesse
S'enfonce dans la forêt poursuivant la gonzesse
Car c'en est une c'est sûr son instinct n'le trompe pas

Elle est jeune elle est belle toute vétue de rouge
Les cheveux ruisselants sur son visage d'ange
Bon sang ce dit Lambert le p'tit chaperon rouge
J'suis un loup solitaire qu'est que j'fais j'me la mange

Il imagine déjà dans l'panier d'la donzelle
Le petit pot de beurre pour grand mère et la galette
Manque de bol elle avait dans son panier d'dentelles
Deux pauv'petites madeleines et une demi-baguette

OK tu viens chéri pour toi ça s'ra dix sacs
A ces mots le Lambert flaira un peu l'arnaque
Il éclata la tête de cette créature
Et s'en fut dans la nuit vers d'autres aventures

LA BLANCHE

Salut Michel ça fait une paye
Que j't'ai pas vu traîner dans mes ruelles
Qu'est-c'que tu d'viens moi ça va bien
Paraît qu'toi tu marches dans un drôle de ch'min
T'as les joues creuses les mains caleuses
Et la démarche un p'tit peu chaloupeuse
Vraiment tu m'terrasses bonjour l'angoisse
Paraît qu't'es tombé dans une drôle de crevasse
Paraît qu'c'est pas tous les jours dimanche

La blanche

Tu bois quelqu'chose non t'as pas soif
Y t'faut ta dose t'as pas d'tunes t'es en caraffe
Allez prend une bière ça peut pas t'faire de mal
C'est en vente libre profites en c'est pas cher
Au fait tu m'dois cent sacs j'en fais pas un sac
Mais tes p'tites arnaques ras l'bol j'en ai ma claque
Pour décrocher tu ma taxé
Pour descendre sur la côte t r'faire une santé
Est-c'qu'elle coûte moins cher à Villefranche

La blanche

Paraît qu'ta gonzesse s'est barré avec ta caisse
Paraît qu'tu bandais plus pour sa geule pour ses fesses
Tu veux que j'te dise t'étais trop bien pour elle
Comment ça j'ironise non j'suis pas cruel
Eh ben ma gueule te v'là tout seul
T'as l'regard triste comme un épagneul
T'es vachement speed mais t'as plus rien dans l'bide
T'as qu'la poudre au yeux et les yeux bien livides
Y a vraiment plus qu'une seule chose qui t'branche

C'est la blanche

T'as p't'être raison j'te parle comme un vieux con
Mais j'suis un vieux con vivant j'ai la gaule j'suis content
Toi t'as les boules moi j'ai la frite
C'est pas du Bashung non mon pote c'est du Nietzsche
Toi tu t'fais une ligne moi une bibine
Pendant qu'tu t'dopes j'fume mes deux paquets d'clopes
Chacun son trip chacun son flip
Toi c'est pas souvent qu't'as des parties gratuites
J'préfère t'laisser tout seul sur ta branche

Avec la blanche

Allez salut Michel à la prochaine
On s'téléphone on s'fait une bouffe ça baigne
Et pi j'vais t'dire si tu m'fais un sourire
Tout c'que j't'ai dis ben j‘te jure que j'le r'tire
Mais si j'croise ton dealer j'y fous dans l'c½ul
Un coup d'surin d'la part d'un copain
Ça risque d'être dur vu que c't'ordure
Un c½ur ça m'étonnerait qu'il en ait un
On couchera avant lui entre quatre planches

Toutes blanches

MON BEAUF

On choisit ses copains mais rar'ment sa famille
Y a un gonze mine de rien qu'a marié ma frangine
Depuis c'est mon beau-frère alors y faut faire avec
Mais c'est pas affaire vu qu'c't'un sacré pauv'mec

Mon beauf mon beauf

Il lui a fait quatre gosses pour toucher les allocs
Lui fait l'coup d'la nuit d'noces dès qu'elle est plus en cloque
Cet espèces de trou-duc' qui a fait dix ans d'légion
Ses mômes il les éduque à grands coups d'ceinturon
Le jour où les cons iront pointer
On l'verra au bureau d'embauche

Mon beauf

Il a des rouflaquettes un costard à carreaux
Des moustaches une casquettes et des pompes en croco
Y s'prend pour un vrai mec mais y craint au p'tit jeu
Pour tout dire il est presque à la limite du hors-jeu

Mon beauf mon beauf

A chaque fois qu'y culbute une collègue de bureau
Ou qui va s'faire une pute ce ringard ce blaireau
Y dit qu'c'est pas tromper que c'est juste pour l'hygiène
Mais qu'si ça femme l'imitait il l'assom'rait à coups de beignes
Le jour où les cons s'ront cuisiniers
C'est lui qui préparera les sauces

Mon beauf

Y a dans sa discothèque tout Richard Clayderman
Y trouve ça super chouette c'est l'Mozart du Walkman
Et pi dans sa R 16 y a la C.B. tu penses
"73 la station tête de n½ud en fréquence"

Mon beauf mon beauf

Pi bonjour la culture il est 'achment balaise
T'as qu'a voir ses lecture ça casse des barreaux d'chaises
V.S.D Paris-Match et puis Télé 7 jours
Pi bien sûr chaque années y s'offre le prix Goncourt
Le jour où les cons s'ront plusà droite
Y a p't'être une chance pour qui vote à gauche

Mon beauf

L'adore les animaux l'a un berger allemand
Qui protège c'est bibelots son p'tit appartement
Il l'emmène à la chasse flinguer les p'tit oiseaux
Parc'que c'gros dégeulasse y taquine le moineau

Mon beauf

On choisit ses copains mais rar'ment sa famille
Y a un gonze mine de rien qu'a marié ma frangine
Il est d'vnu mon beauf un beauf à la Cabu
Imbécile et facho mais heureusement cocu
Quand l'soleil brillera que pour les cons
Il aura les oreilles qui chauffent

Mon beauf

OSCAR

Y v'nait du pays ou habite la pluie
Où quand y a du soleil c'est un mauvais présage
C'est qui va pleuvoir c'est qui va faire gris
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages

L'a connu l'école que jusqu'à treize ans
Après c'est la mine qui lui a fait la peau
Vingt au charbon c'est un peu minant
Pour goûter d'l'usine y s'est fait parigot

Dans son bleu d'travail y m'faisait rêver
Faut dire qu'j'étais jeune j'savais pas encore
J'pensais que l'turbin c'était un bienfait
Bienfait pour ma gueule surtout c'est la mort

L'avait fait 36 le Front Populaire
Pi deux ou trois guerres pi mai 68
Li avait la haine pour les militaires
J'te raconte même c'qui pensait des flics

Il était marxiste tendace Pif le chien
Syndiqué à mort inscrit au parti
Nous traitait d'fainéant moi et mes frangins
Parc'qu'on était anars tendance patchouli

Il était balaise fort comme un grand frère
Les épaules plus larges que sa tête de lit
Moi qui suis musclé comme un serpillière
Ben de c'coté là j'tiens pas beaucoup d'lui

L'avait sur l'bras gauche un super tatouage
Avec un croissant d'lune et une fleur coupée
La couleur s'était barrée avec l'age
Il avait l'bleu pâle d'un jean d élavé

Quand j'allais chez lui des foi d'temps en temps
J'lui roulait ses clopes avec son tabac gris
Pi j'restais des heures avec des yeux tout grands
A l'écouter m'baratiner sa vie

Vers soixante-cinq ans on lui a dit bonhomme
T'as assez bossé repose-toi enfin

L'a quittté Paname et la Rue d'Charonne
Pour une p'tite baraque avec un bout d'jardin

L'a usé ses reins a cassé la terre
Pour planter trois pauv' salades trois carottes
Y r'grettait ses potes du boul'vard Voltaire
Le bistrot l'apéro et les parties d'belote

Il est pas parti comme disent les poètes
Y s'est pas envolé comme disent les curés
Un matin d'décembre d'un cancer tout bête
L'a cassé sa pipe il a calanché

Y v'nait du pays où habite la pluie
Où quand y a du soleil c'est un mauvais présage
C'est qui va pleuvoir c'est aui va faire gris

Il était chtimi jusqu'au bout des nuages
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 10:45

Biographie illustrée...

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L'évolution de l'artiste est incontestable : ses préoccupations son différentes, il est maintenant marié avec Dominique qui en août 80, lui donne une petite fille, Lolita. Il découvre ainsi la vie de famille et s'éloigne de la vie de bohème, entre copains et bistrots. Il découvre aussi la voile , le grand large et la mer.

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 10:47

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En 83, fort de cette sérénité nouvellement acquise, il sort un album différent des précédent plus tendres : "Morgane de toi" et "En cloque". Plus apparenté à la variété qu'au rock-folk des débuts, cet album connaît un succès sans précédent dans la carrière du chanteur. "Dés que le vent soufflera" est un énorme tube qui passe sur toutes les radios. En fait c'est environ 1,2 million d'exemplaires de l'album qui sont vendus en quelques mois. Renaud est d'ailleurs en fin de contrat chez Polydor et ce succès lui permet de signer un contrat extrêmement avantageux avec sa nouvelle maison de disques Virgin.
Véritable vedette hexagonale, Renaud investit une nouvelle salle parisienne, le Zénith du 17 janvier au 5 février 84. Il effectue ensuite une tournée qui va jusqu'au Québec.

MORGANE DE TOI

Y a un mariolle, il a au moins quatre ans
Y veut t' piquer ta pelle et ton seau
Ta couche culotte avec tes bonbecs dedans
Lolita, défend-toi, fous-y un coup d' râteau dans l' dos
Attend un peu avant de t' faire emmerder
Par ces p'tits machos qui pensent qu'à une chose
Jouer au docteur non conventionné
J'y ai joué aussi, je sais de quoi j' cause
J' les connais bien les play-boys des bacs à sable
J' draguais leurs mères avant d' connaître la tienne
Si tu les écoutes y t' feront porter leurs cartables
'Reusement qu' j' suis là, que j' te regarde et que j' t'aime


{Refrain:}
Lola
J' suis qu'un fantôme quand tu vas où j' suis pas
Tu sais ma môme
Que j' suis morgane de toi


Comme j'en ai marre de m' faire tatouer des machins
Qui m' font comme une bande dessinée sur la peau
J'ai écrit ton nom avec des clous dorés
Un par un, plantés dans le cuir de mon blouson dans l' dos
T'es la seule gonzesse que j' peux tenir dans mes bras
Sans m' démettre une épaule, sans plier sous ton poids
Tu pèses moins lourd qu'un moineau qui mange pas
Déploie jamais tes ailes, Lolita t'envole pas
Avec tes miches de rat qu'on dirait des noisettes
Et ta peau plus sucrée qu'un pain au chocolat
Tu risques de donner faim a un tas de p'tits mecs
Quand t'iras à l'école, si jamais t'y vas

{Refrain}

Qu'est-ce qu' tu m' racontes tu veux un p'tit frangin
Tu veux qu' j' t'achète un ami Pierrot
Eh les bébés ça s' trouve pas dans les magasins
Puis j' crois pas que ta mère voudra qu' j' lui fasse un p'tit dans l' dos
Ben quoi Lola on est pas bien ensemble
Tu crois pas qu'on est déjà bien assez nombreux
T'entends pas c' bruit, c'est le monde qui tremble
Sous les cris des enfants qui sont malheureux
Allez viens avec moi, j' t'embarque dans ma galère
Dans mon arche y a d' la place pour tous les marmots
Avant qu' ce monde devienne un grand cimetière
Faut profiter un peu du vent qu'on a dans l' dos

{Refrain}

EN CLOQUE

Elle a mis sur l' mur
Au dessus du berceau
Une photo d'Arthur
Rimbaud
Avec ses cheveux en brosse
Elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse
Bravo
Déjà les p'tits anges
Sur le papier peint
J' trouvais ça étrange
J' dis rien
Elle me font marrer
Ses idées loufoques
Depuis qu'elle est
En cloque

Elle s' réveille la nuit
Veut bouffer des fraises
Elle a des envies
Balaises
Moi, j' suis aux p'tits soins
J' me défonces en huit
Pour qu'elle manque de rien
Ma p'tite
C'est comme si j' pissais
Dans un violoncelle
Comme si j'existais
Plus pour elle
Je m' retrouve planté
Tout seul dans mon froc
Depuis qu'elle est
En cloque

Le soir elle tricote
En buvant d' la verveine
Moi j' démêle ses pelotes
De laine
Elle use les miroirs
A s' regarder dedans
A s' trouver bizarre
Tout le temps
J' lui dit qu'elle est belle
Comme un fruit trop mûr
Elle croit qu' je m' fous d'elle
C'est sûr
Faut bien dire s' qu'y est
Moi aussi j' débloque
Depuis qu'elle est
En cloque

Faut qu' j' retire mes grolles
Quand j' rentre dans la chambre
Du p'tit rossignol
Qu'elle couve
C'est qu' son p'tit bonhomme
Qu'arrive en Décembre

Elle le protège comme
Une louve
Même le chat pépère
Elle en dit du mal
Sous prétexte qu'il perd
Ses poils
Elle veut plus l' voir traîner
Autour du paddock
Depuis qu'elle est
En cloque

Quand j' promène mes mains
D' l'autre côté d' son dos
J' sens comme des coups de poings
Ça bouge
J' lui dis "t'es un jardin"
"Une fleur, un ruisseau"
Alors elle devient
Toute rouge
Parfois c' qu'y m' désole
C' qu'y fait du chagrin
Quand j' regarde son ventre
Puis l' mien
C'est qu' même si j' devenais
Pédé comme un phoque
Moi j' serai jamais
En cloque

DES QUE LE VENT SOUFFLERA ...

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme, Tatatin
Moi la mer elle m'a pris
Je m' souviens un Mardi
J'ai troqué mes santiags
Et mon cuir un peu zone
Contre une paire de docksides
Et un vieux ciré jaune
J'ai déserté les crasses
Qui m' disaient "Sois prudent"
La mer c'est dégueulasse
Les poissons baisent dedans


{Refrain:}
Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en allerons


C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Au dépourvu tans pis
J'ai eu si mal au c½ur
Sur la mer en furie
Qu' j'ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
J' me suis cogné partout
J'ai dormi dans des draps mouillés
Ça m'a coûté ses sous
C'est d' la plaisance, c'est le pied

{Refrain}

Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Mais elle prend pas la femme
Qui préfère la campagne
La mienne m'attend au port
Au bout de la jetée
L'horizon est bien mort
Dans ses yeux délavés
Assise sur une bitte
D'amarrage, elle pleure
Son homme qui la quitte
La mer c'est son malheur

{Refrain}

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Comme on prend un taxi
Je ferai le tour du monde
Pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde
Veulent bien m' lâcher la grappe
J'irais aux quatre vents
Foutre un peu le boxon
Jamais les océans
N'oublieront mon prénom

{Refrain}

Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Et mon bateau aussi
Il est fier mon navire
Il est est beau mon bateau
C'est un fameux trois mats
Fin comme un oiseau {Hissez haut}
Tabarly, Pageot
Kersauson ou Riguidel
Naviguent pas sur des cageots
Ni sur des poubelles

{Refrain}

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Je m' souviens un Vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l'eau
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais c'est pas marrant
Mais c'était mon destin


{Refrain 3x}

Dès que le vent soufflera
Nous repartira
Dès que les vents tourneront
Je me n'en allerons

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 10:52

Biographie illustrée...

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En 85, poussé par la chanteuse Valérie Lagrange, il écrit avec son ami Franck Langolff, l'hymne des "Chanteurs pour l'Ethiopie". Il est en effet l'initiateur de cette opération qui est destiné à récolter des fonds pour lutter contre la famine en Ethiopie. Plus d'un million de 45 tours sont vendus.


ETHIOPIE

Ils n'ont jamais vu la pluie
Ils ne savent même plus sourire
Ils n'y a même plus de larmes
Dans leurs yeux si grands

Les enfants d'Éthiopie
Embarqués sur un navire
Qui n'a plus ni voiles ni rames
Attendent le vent

Loin du c½ur et loin des yeux
De nos villes, de nos banlieues
L'Éthiopie meurt peu à peu
Peu à peu

Rien qu'une chanson pour eux
Pour ne plus fermer les yeux
C'est beaucoup et c'est bien peu
C'est bien peu

Mais à chaque enfant qui tombe
Qui meurt loin des yeux de l'occident
Notre ciel devient plus sombre
Et notre avenir moins grand

Sur cette terre de sécheresse
Ne fleurissent que les tombes
Malgré toutes nos richesses
Leur soleil nous fait de l'ombre

Loin du c½ur et loin des yeux
De nos villes, de nos banlieues
L'Éthiopie meurt peu à peu
Peu à peu

Donnons-leur des lendemains
En échange de rien
Donnons-leur la vie
Seulement la vie

Chez nous la forêt succombe
Là-bas, le désert avance
Plus vite que la colombe
Dans un ciel d'indifférence

Les enfants du tiers monde
N'ont que l'ombre d'une chance
Chaque jour, chaque seconde
Faisons taire le silence

Loin du c½ur et loin des yeux
De nos villes, de nos banlieues
L'Éthiopie meurt peu à peu
Peu à peu

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 10:57

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La même année il sort un autre album "Mistral Gagnant" qui est enregistré aux Etats Unis sous la férule de Jean-Philippe Goude. "Miss Maggie" est le premier extrait. Mais c'est le temps des illusions perdues et des constats amers avec des chansons comme "Fatigué", "Morts les enfants" ou "P'tite conne".

MISTRAL GAGNANT

A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'y en a
Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra
En serrant dans ma main tes p'tits doigts
Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d' pieds pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures
Te raconter un peu comment j'étais mino
Les bonbecs fabuleux qu'on piquait chez l' marchand
Car-en-sac et Minto, caramel à un franc
Et les mistrals gagnants

A r'marcher sous la pluie cinq minutes avec toi
Et regarder la vie tant qu'y en a
Te raconter la Terre en te bouffant des yeux
Te parler de ta mère un p'tit peu
Et sauter dans les flaques pour la faire râler
Bousiller nos godasses et s' marrer
Et entendre ton rire comme on entend la mer
S'arrêter, r'partir en arrière
Te raconter surtout les carambars d'antan et les cocos bohères
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres
Et nous niquaient les dents
Et les mistrals gagnants

A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder le soleil qui s'en va
Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fou
Te dire que les méchants c'est pas nous
Que si moi je suis barge, ce n'est que de tes yeux
Car ils ont l'avantage d'être deux
Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants

MISS MAGGIE

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N' s'ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher

Femme je t'aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y'en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t'aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n' deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y'en a qui vont jusqu'à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d'honneur de ces cons-là
Aucune femme n'est assez vulgaire
Pour l'employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t'aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc' que la vue d'une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc' que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J'ai jamais vu une femelle
Pas une femme n'est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C'est pas d'un cerveau féminin
Qu'est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n'a sur les mains
Le sang des indiens d'Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu'un génocide c'est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d'humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t'aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l'homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l'heure dernière,
L'enfer s'ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m'offrirai Madame Thatcher

FATIGUE

Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le c½ur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d'être civilisé
Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatigué, fatigué
Fatigué du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé
Fatigué, fatigué

Fatigué d'habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l'univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatigué, fatigué
Fatigué de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatigué, fatigué

Fatigué de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m'éc½ure
Depuis l'horreur banale du moindre fait divers
Il n'y a plus assez de place dans mon c½ur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatigué, fatigué
Fatigué d'espérer et fatigué de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir
Fatigué, fatigué

Je voudrais être un arbre, boire à l'eau des orages
Pour nourrir la terre, être ami des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Pour qu'aucun homme ne puisse y planter un drapeau
Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au c½ur de cette terre que j'aime tellement
Et que ces putains d'hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent

Fatigué, fatigué
Fatigué de haïr et fatigué d'aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatigué des discours, des paroles sacrées

Fatigué, fatigué
Fatigué de sourire, fatigué de pleurer
Fatigué de chercher quelques traces d'amour
Dans l'océan de boue où sombre la pensée

Fatigué, fatigué

MORTS LES ENFANTS

Chiffon imbibé d'essence,
Un enfant meurt en silence
Sur le trottoir de Bogotá
On ne s'arrête pas
Dechiqu'tés aux champs de mines,
Décimés aux premières lignes
Morts les enfants de la guerre
Pour les idées de leur père

Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles et grabataires
Se partagent l'univers

Morts les enfants de Bopale,
Industrie occidentale
Parti dans les eaux du Gange,
Des avocats s'arrangent
Morts les enfants de la haine
Près de nous où plus lointaine
Morts les enfants de la peur
Chevrotine dans le c½ur

Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles et militaires
Se partagent l'univers

Morts les enfants du Sahel,
On accuse le soleil
Morts les enfants de Seveso,
Morts les arbres, les oiseaux
Morts les enfants de la route,
Dernier week-end du mois d'août
Papa picolait sans doute
Deux ou trois verres, quelques gouttes

Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles les tortionnaires
Se partagent l'univers

Mort l'enfant qui vivait en moi,
Qui voyait en ce monde-là
Un jardin, une rivière
Et des hommes plutôt frères
Le jardin est une jungle,
Les hommes sont devenus dingues
La rivière charrie les larmes,
Un jour l'enfant prend une arme

Bal sur l'ambassade,
Attentat grenade
Hécatombe au ministère
Sur les gravats, les grabataires

P'TITE CONNE

Tu m'excuseras mignonne
D'avoir pas pu marcher
Derrière les couronnes
De tes amis branchés
Parc' que ton dealer
Etait peut-être là
Parmi ces gens en pleurs
Qui parlaient que de toi
En regardant leur montre,
En se plaignant du froid
En assumant la honte
De t'avoir poussée là

P'tite conne tu leur en veux même pas,
Tu sais que ces charognes sont bien plus morts que toi

Tu fréquentais un monde,
D'imbéciles mondains
Où cette poudre immonde
Se consomme au matin
Où le fric autorise
A se croire à l'abris
Et de la cours d'assise
Et de notre mépris
Que ton triste univers
Nous inspirait malin
En sirotant nos bières
Ou en fumant nos joins

P'tite conne tu rêvais de Byzance
Et c'était la Pologne jusque dans tes silences

On se connaissait pas
Aussi tu me pardonnes
J'ai pas chialé quand t'as
Cassé ta pipe d'opium J'ai pensé à l'enfer
D'un téléphone qui crie
Pour réveiller ta mère
Au milieu de la nuit
J'aurai voulu lui dire
Que c'était pas ta faute
Qu'à pas vouloir vieillir
On meurt avant les autres

P'tite conne tu voulais pas mûrir,
Tu tombes avant l'automne juste avant de fleurir

Et t'aurais-je connu
Que ça n'eût rien changé
Petit enfant perdu
M'aurais-tu accepté
Moi j'aime le soleil
Tout autant que la pluie
Et quand je me réveille
{variante: Et quand le jour se lève}
Et que je suis en vie
C'est tout ce qui m'importe
Bien plus que le bonheur
Cette affaire de médiocre
Et qui use le c½ur

P'tite conne c'est oublier que toi t'étais là pour personne
Et qu' personne était là

Tu m'excuseras mignonne
D'avoir pas pu pleurer
En suivant les couronnes
De tes amis branchés
Parc' que ton dealer
Etait peut-être là
A respirer ces fleurs
Que tu n'aimerais pas
A recompter ces roses
Qu'il a payé au prix
De ta dernière dose
Et de ton dernier cri

P'tite conne aller, repose toi tout près de Morison
Et pas trop loin de moi

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 11:35