Biographie illustrée...

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C'est à cette occasion qu'il écrit sa première chanson avec pour tout accompagnement sa guitare.
Après cette période d'illusions, Renaud ambitionne maintenant de devenir comédien. Il effectue une dernière année en classe de seconde artistique puis quitte définitivement le système scolaire. Ses parents le somment de se mettre à travailler : il est tour à tour, magasinier, vendeur de livres de poche. L'essentiel de son argent passe dans l'achat de motos, dont il est amateur depuis qu'il a vu le film américain, "Easy Rider".

# Posté le samedi 07 juillet 2007 08:22

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C'est au hasard d'une rencontre estivale avec le comédien Patrick Dewaere, qu'il est embauché dans la troupe de Romain Bouteille au Café de la Gare, constituée entre autres, des comédiens Miou Miou et Coluche. L'aventure avec eux dure 5 mois, le temps de prendre goût à la scène. Il retourne ensuite travailler dans la librairie qui l'employait auparavant.

# Posté le samedi 07 juillet 2007 08:22

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En 72 et 73, l'avenir de Renaud est loin d'être déterminé. Renvoyé de son travail, il fréquente les bistrots, rencontre ses copains et écrit pour leur plaisir, quelques chansons. Avec un de ses amis accordéoniste, Michel, ils commencent à faire la manche dans les rues de Paris. Ils rencontrent un franc succès auprès des jeunes et même des plus âgés qui voient dans ce duo le renouveau de la chanson de rue.

# Posté le samedi 07 juillet 2007 08:23

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Le producteur de Coluche, Paul Lederman les remarque unjour où ils sont venus faire la manche devant la file d'attente d'un spectacle de l'humoriste, qui commence à avoir un certain succès. Il les embauche en fait, sous le nom des "Trois P'tits Loulous" (un autre compère est venu renforcer le duo) comme attraction au "Caf'Conc" nouveau café-théâtre qu'il ouvre sur les Champs Elysées. Leur répertoire est constitué de chansons réalistes. Puis le copain Michel doit rejoindre l'armée et abandonne Renaud qui continue seul, de chanter à cet endroit, dorénavant avec ses propres compositions : "Hexagone" ou "Camarade Bourgeois". Pas spécialement destiné à une carrière de chanteur, Renaud se fait pourtant remarquer par une productrice d'une maison de disques indépendante qui lui propose d'enregistrer un 33 tours.


HEXAGONE

Ils s'embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs.

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire règner l'ordre public
ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d'mars,
de l'autr' côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s'révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu'la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est all'mand.

On leur a dit, au mois d'avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d'un fil,
que l'printemps c'était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m'font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée
qui faillit renverser l'Histoire,
j'me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes,
les Francais criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres,
qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais.

Ils font la fête au mois d'juillet,
en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminé
la misère et l'exploitation,
ils s'abreuvent de bals populaires,
d'feux d'artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu'ils sont gourvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
après une longue année d'usine,
ils crient : "Vive les congés payés",
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
un peuple et une liberté,
au c½ur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camenbert
c'est leur seule gloire à ces tarrés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugeot,
qu'ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, l'tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ca soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.

CAMARADE BOURGEOIS

Camarade bourgeois,
camarade fils-à-papa,
la Triumph en bas d'chez toi,
le p'tit chèque en fin de mois,
regarde-toi ah ah ah
regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
camarade fils-à-papa,
t'as vraiment pas l'air con,
quand tu sors le dimanche
ton petit complet-veston
et ta chemise blanche.
regarde-toi ah ah ah
regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
camarade fils-à-papa,
tu roules en Ferrari
ou en Lamborghini,
tu roules des épaules,
tu te crois super-drôle,
regarde-toi ah ah ah
regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
camarade fils-à-papa,
je sais, ton père est patron,
faut pas en faire un complexe,
le jour d'la révolution,
on lui coupera qu'la tête.
regarde-toi ah ah ah
regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
camarade fils-à-papa,
tu passes ton temps au drugstore
sur les Champs-Elysées
tu te crois très très fort,
t'es jamais qu'un minet.
regarde-toi ah ah ah
regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
camarade fils-à-papa,
rejoins les rangs de la pègre,
tu prendras vraiment ton pied,
ne sois plus une petite pède,
nous sommes tous des défoncés,
regarde-moi ah ah ah
regarde-moi ah ah ah
regarde-moi ah ah ah
regarde-moi ah ah ah

# Posté le samedi 07 juillet 2007 08:27

Modifié le dimanche 08 juillet 2007 10:19

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En 1975, sort donc le premier album du chanteur qui n'a que 23 ans. "Amoureux de Paname" rassemble des chansons qu'il chantait jusque là dans la rue. Empreint des idées révolutionnaires de 68, le jeune chanteur exprime un certain ras le bol de la société telle qu'elle est dans les années 70 et évoquesurtout une façon de vivre à "Paname" (Paris en argot) et évidemment en banlieue, véritable théâtre de toutes les aventures. Le titre "Société tu m'auras pas" résume bien l'état d'esprit de Renaud mais aussi sans doute d'une certaine jeunesse qui ne se retrouve pas dans les valeurs inculquées par leurs parents.


AMOUREUX DE PANAME

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes du sam'di soir,
cette chanson-là vaut pas un clou
mais je la chante rien que pour vous.
Vous qui voulez du beau gazon,
des belles pelouses, des p'tits moutons,
des feuilles de vigne et des p'tites fleurs,
faudrait remettre vos montres à l'heure.

Moi j'suis amoureux de Paname,
du béton et du macadam,
sous les pavés ouais c'est la plage,
mais l'bitume c'est mon paysage,
le bitume c'est mon paysage.

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes des boul'vards,
vos beaux discours y'en a plein l'dos,
y a du soleil dans les ruisseaux.
La Tour Montparnasse elle est belle,
et moi j'adore la Tour Eiffel,
y a plein d'amour dans les ruelles
et d'poésie dans les gratt'ciel.

Moi j'suis amoureux de Paname,
du béton et du macadam,
sous les pavés ouais c'est la plage,
mais l'bitume c'est mon paysage,
le bitume c'est mon paysage.

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes des grands soirs,
la pollution n'est pas dans l'air,
elle est sur vos visages blèmes.
Moi j'aime encore les pissotières,
J'aime encore l'odeur des poubelles,
J'me parfume pas à l'oxygène,
Le gaz carbonique c'est mon hygiène.

Moi j'suis amoureux de Paname,
du béton et du macadam,
sous les pavés ouais c'est la plage,
mais l'bitume c'est mon paysage,
le bitume c'est mon paysage.

# Posté le samedi 07 juillet 2007 08:29